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La césarienne à « voix » basse….

Il y a peu de temps, j’ai lu un article sur les femmes ayant eu une césarienne (vous pouvez le lire ici). Le point de vue d’une photographe habituée des reportages naissance qui souhaitait valoriser toutes ces mamans qui n’ont pas accouché par voie basse. Et je lui tire mon chapeau...

La césarienne à « voix » basse….

Oui j’ai eu une césarienne et alors ?!

Je vous propose aujourd’hui un article un peu plus sérieux que ceux que j’ai l’habitude de faire. Peut-être pas dans l’écriture mais en tout cas dans le fond.

J’ai eu envie de vous raconter mon expérience, un sujet délicat et très intime, que j’ose raconter de manière un peu plus détachée qu’il y a quelques années puisque mon petit bout a aujourd’hui 6 ans et demi. Mais cela reste un événement si fort et si éprouvant qu’il restera le moment le plus intense que j’ai eu à vivre.

Ayant toujours voulu qu’un seul enfant venant de moi, et ayant eu une grossesse über agréable que j’ai vécue à fond, il était juste invraisemblable que je ne puisse pas avoir un accouchement NORMAL et IDÉAL par voie basse, avec un bonus peau à peau extrêmement important pour moi et éventuellement un allaitement qui fonctionne. Bref, autant vous dire que c’était planifié dans ma tête et normalement dans mon corps puisque je lui avais clairement spécifié:)

Hors la vie en a voulu autrement. Après 30 heures de travail à être persuadée que mon bébé ne pouvait sortir que par un seul endroit, prête même à attendre encore 4 jours qu’elle veuille bien voir le jour (sûrement les effets secondaires d’une péridurale compliquée, de gaz hilarant et d’antibiotiques), le rêve s’est brisé en une fraction de seconde lorsque la gynéco a lancé à ses collègues : ok, au bloc illico.

C’est à ce moment la que je ne me suis plus appartenue.

Plus aucun pouvoir de décision physique : mon corps et mon petit bébé étaient en souffrance et je ne pouvais pas nous soulager par mes propres moyens. J’étais maintenant à la merci d’un groupe de médecins et de quelques scalpels sans même avoir mon mot à dire. Impossible pour moi de faire un quelconque geste de refus ou autre, mon corps ne me répondait plus. J’avais l’impression d’être une fougère se faisant maltraitée par le vent… (Sympa la comparaison hein 😉 )

Plus aucun pouvoir de décision mentale : à cause des médocs ? à cause de dizaines d’heures passées à souffrir ? Je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est que j’étais tellement fatiguée que même mon esprit était dans un état de latence extrême. Il ne pensait plus. J’ai d’ailleurs très peu de souvenir de ce moment de vide intérieur…

On a beau vous préparer pendant les cours de « préparation à l’accouchement », vous dire que la césarienne est possible, tant qu’elle n’est pas programmée, elle était pour moi inconcevable. Non mais oh, c’est moi qui décide pour mon corps non ??? Et bien non apparemment…

Mais le pire reste encore la césarienne en elle-même. Je l’ai abordée quelques fois avec des amies mais un mot me revient souvent pour définir cette sensation : un viol. C’est peut-être un peu fort mais comment expliqueriez-vous le fait qu’une main, que vous sentez totalement, vienne prendre quelque chose à l’intérieur de votre ventre, de votre corps, sans que vous ne le souhaitiez ? Je n’avais pas mal, certes mais je sentais tout. Vraiment tout. Et je ne pouvais rien faire. Le seul moyen de défense automatique que mon corps et mon esprit se sont entendus à faire était de « meumeumer » une berceuse que je chantais souvent lorsque j’étais enceinte. Étais-ce un moyen de nous rassurer mon bébé et moi ? Possible.

Pendant longtemps, je ne disais jamais avoir accouchée, mais que l’on m’avait accouché. Après un travail sur moi, du temps, mais sans en oublier les souvenirs, je le dis aujourd’hui :

OUI j’ai accouché
OUI j’ai accouché par césarienne en urgence
OUI j’ai accouché par césarienne et j’en suis heureuse

Je remercie tous les médecins qui étaient là pour la faire car peut être que ma petit Emy et moi ne seraient plus de ce monde aujourd’hui. Et je remercie l’homme de ma vie qui m’a soutenue dans cette épreuve difficile.

Je ne pense pas que les sensations et les émotions puissent s’évanouir un jour mais je ne le cherche plus. Elles font parties de moi, de mon histoire, de notre histoire. Et cette cicatrice que j’ai dans le bas du ventre me rappelle chaque jour cet événement qui a fait de moi une maman, une femme forte, une bête de meuf.

La césarienne à "voix" basse....

Elle est pas belle ma fille ?

  • mai 18, 2015 - 12:50

    Katleen - Je me suis vue, je me suis reconnue, et je sais pertinemment tout ce que tu as pu ressentir à ce moment propice ou tu t’apprête à donner la vie… ( enfin à ce qu’on t’aide à mettre au monde ton bébé ).
    J’avais alors 16 ans, autant te dire que la souffrance mental était encore plus flagrante à ce moment là de ma vie… Mais je relativise et me dit qu’il en a été ainsi, et heureusement pour elle, heureusement pour moi ( un bébé de 4kg30 tout de même, belle crevette hein ^^ ).
    Ton récit m’a émue, et ta file était déjà belle malgré ses heures qui ont dues être très longue pour elle, comme pout toi !ReplyCancel

  • mai 21, 2015 - 2:50

    Colombo - Mais bien sur que oui t as accouche !!!! 😉 Et oui ma petite princesse est trop belle et oui tu es une maman qui dechire !!!!! La cesarienne ca sauve des vies ! Elle t a sauvee, sauvee Emy, sauvee aussi ta soeur, Lyna et Maissane ……. Sans ca nous ne serions plus la depuis bien longtemps ! Je les ai pas vecues de la meme maniere que toi moi, en fait apres travail complet sans peri c etait un SOULAGEMENT meme si c etait en urgence ….. J ai limite kiffee l arret de cette souffrance durant des heures.. Et pour la deuxieme, tu peux dire merci a ton beau frere qui a eu un feeling de dingue…… Elle nous aura pas eu cette rupture uterine ;))))) alors MERCI A MES CESA de m avoir offert mes deux plus beaux cadeaux de la vie !!!!ReplyCancel

  • mai 21, 2015 - 4:56

    Chareyre Merryl - Zack est né aussi comme ça. Je me rappelle très bien le ressenti que tu décris… Ma chance c’est d’être moi même née par césarienne. Je m’étais « préparée » à cette possibilité. J’ai toujours vu les énormes cicatrices de ma mère et je me rappelle encore la première fois où elle a enfin oser mettre un deux pièces à la plage (et oui à l’époque la cicatrice était verticale). Pour revenir à mon accouchement, je me rappelle que je me répétais sur la table d’opération : « ce qui compte c’est la vie de mon bébé, qu’il aille bien c’est tout ce qui compte ». J’ai cru y rester à force de vomir et à tourner de l’oeil mais je me rappelle quand on m’a montré mon fils et que j’ai juste eu le temps de l’embrasser. Quand il l’ont amené loin de moi. Je me disais : il
    est avec son père. Ils ont vécu ensemble le peau à peau et à jamais c’est leur moment. C’est son père qu’il a accueilli et rassurer notrès fils dans son nouveau monde. Je suis arrivée après et quand je les ai vu ensemble j’ai ressenti l’amour envahir mon coeur et j’ai instantanément oublié ma peine. Ce lien ce souvenir du 1er réconfort/câlin, je crois que Zack s’en souvient. Souvent il va se serrer contre son père lorsqu’il est torse nu. C’est leur moment. Parfois je me sens un peu jalouse ou exclue puis je me dis que Zack et moi on a été un pendant 9 mois alors cet instant il est pour son père car lui ne pourra jamais vivre ce que Zack et moi ont a vécu dans le même corps. Bref tout ça pour dire que j’ai accouché par césarienne !ReplyCancel

  • septembre 21, 2015 - 7:29

    Duong - Vraiment très touchant ce témoignage, je suis admirative devant tant de sincérité et de courage à se livrer à ce point. Je me retrouve également car j’ai eu ma première fille par césarienne, bien que prévu, on se sent totalement impuissante au moment de l’accouchement et je garde de cette journée le sentiment qu’on m’ait arraché mon bébé du ventre, de force, je ne sais pas si c’est à cause de la césarienne mais je n’ai réussi à créer des liens avec mon ainée que très tard. Ensuite, la vie est bien faite, j’ai eu la chance de retomber enceinte et d’accoucher cette fois-ci par voie basse, et j’en ai profité, un « peau à peau » qui dure une éternité… je dis souvent que je suis devenue mère grâce à ma fille aînée et maman grâce à ma cadette…
    Mais je ne suis pas moins reconnaissante, sans cette intervention je ne serai plus là et mon bébé non plus…ReplyCancel

  • octobre 29, 2015 - 6:34

    Céline - J’ai eu deux césariennes et autant te dire que je me sens comme une winneuz ! Je n’ai pas eu la chance de pouvoir avoir des accouchements naturels mais ma consolation c’est que mes bébés et moi sommes en vie. Ils sont en pleine santé.
    J’ai la chance aussi d’avoir eu des personnes bienveillantes au bloc d’une gentillesse et douceur incroyable. Le tout pour me dire ok tu ne peux pas accoucher par voie basse mais au final tu auras un beau bébé !!! Et on va t’aider à ce que ça se passe le mieux possible.
    Ma fille appelle ma cicatrice sa fenêtre. C’est plein de poésie. Elle n’est pas arrivée par la petite porte mdr !ReplyCancel

  • octobre 30, 2015 - 1:29

    Salomé - Je profite d’un petit passage sur votre blog Amélie et Agnès pour écrire un petit commentaire sur cet article qui me parle fort.

    Un bébé de 12 mois né par césarienne, en urgence sous anesthésie générale. Ne pas voir, ni sentir naître son premier enfant a été quelque chose de très difficile à encaisser, je ne me suis pas sentie Maman tout de suite.

    Comme tu le dis si bien Agnès « à la merci des médecins », c’est tout à fait l’expression qui me vient à moi aussi. Je me revois les quelques secondes au bloc avant de m’endormir, paniquée, seule.

    12 mois plus tard, je sais qu’il n’était pas possible de faire autrement, Milo était en danger. Alors avec le recul, merci à la césarienne de m’avoir offert un bébé en bonne santé …

    Salomé (Sublimer Juin 15)ReplyCancel

  • octobre 31, 2015 - 7:52

    Celine - Merci pour cet article
    J’ai également accouché par césarienne, en urgence… Quand on m’avait prévenu à 3mois de grossesse, que j’avais de gros risques de césarienne, j’avais éclaté en sanglots… Sauf que le moment venu, cela m’était complètement égale. Cela ne se passait pas bien, et pour sauver ma vie et la vie de ma fille, il fallait aller vite !

    Je sentais effectivement tout, mais je n’ai pas eu cette sensation que l’on me sortait le bébé du ventre… Cela a commencé à 15h13, et j’ai entendu ma fille pleurer à 15h15 ! Elle était en vie, et c’est tout ce qui a compté :) Finalement, je me suis assez vite remise de l’étape « césarienne », et j’ose en parler, mais cela reste un peu tabou…ReplyCancel

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